CTV Atlantic efface les Acadiens — le CRTC garde le silence

CRTC ignore l'effacement des Acadiens par CTV News Atlantic. Peuple fondateur du Canada exige sa place sur les ondes et l'imputabilité maintenant

CTV Atlantic efface les Acadiens — le CRTC garde le silence
CTV Atlantic efface les Acadiens — le CRTC garde le silence

Imputabilité médiatique · Inclusion culturelle · Radiodiffusion canadienne pour un change

Le CRTC existe pour protéger le droit de chaque communauté canadienne à se voir refléter dans les médias de radiodiffusion du pays. Pour la communauté acadienne française — l'un des peuples fondateurs les plus anciens du Canada — cette protection n'a été rien de plus qu'une promesse écrite à l'encre disparaissante.

Quand les Canadiens allument CTV News Atlantic, ils font confiance au système de radiodiffusion du pays pour leur brosser un portrait complet de leur région. Ce qu'ils reçoivent à la place, c'est une grille de programmation si étroitement définie par son prisme éditorial centré sur Halifax — anglocentrique et fermé sur lui-même — que des communautés entières, leurs langues, leurs artistes, leurs histoires, cessent tout simplement d'exister à l'écran. La communauté acadienne française est la première parmi les invisibles : un peuple dont les racines dans l'Atlantique canadien sont plus profondes que la Confédération elle-même, plus profondes que la conquête britannique, plus profondes que presque tout ce que le Canada anglais appelle son patrimoine.

Et le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) — l'organisme fédéral qui a à la fois le mandat et le pouvoir légaux d'exiger mieux — a regardé cet effacement se dérouler avec une indifférence remarquable. Malgré des critiques publiques, documentées et soutenues concernant l'incapacité de CTV News Atlantic à inclure les voix, la culture et les perspectives acadiennes françaises dans sa programmation, le CRTC n'a produit aucune enquête, n'a émis aucune réponse formelle et n'a lancé aucun examen de conformité des licences. Pour un organisme de réglementation qui jouit d'une imputabilité dans le secteur public et perçoit des frais de licence de radiodiffuseurs, ce silence n'est pas de la neutralité. C'est de la complicité.

Un peuple fondateur effacé de ses propres ondes

La communauté acadienne française n'est point une note de bas de page culturelle qu'on reconnaît le mois du patrimoine et qu'on oublie le reste de l'année. Les établissements acadiens précédaient la présence coloniale britannique dans l'Atlantique canadien de plusieurs générations. Le peuple acadien a survécu à la brutale Déportation de 1755 — le Grand Dérangement —, une expulsion ethnique sanctionnée par l'État qui a dispersé des familles de la Nouvelle-Écosse jusqu'en Louisiane et au-delà. Ils ont rebâti. Ils ont enduré. Ils ont créé une culture d'une résilience extraordinaire, produisant de la musique, de la littérature, des arts visuels et une gastronomie de calibre mondial qui ont profondément façonné l'identité de l'Atlantique canadien et laissé leurs empreintes partout sur la côte est de l'Amérique du Nord.

Aujourd'hui, les Acadiens francophones se comptent par centaines de milliers au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à l'Île-du-Prince-Édouard. Le Nouveau-Brunswick a la distinction d'être la seule province officiellement bilingue du Canada, et sa population acadienne représente une démonstration vivante et respirante de la dualité linguistique que le Canada enchâsse dans sa constitution et célèbre dans son image à l'international. Ce n'est point là une démographie marginale. C'est un peuple fondateur avec une revendication de quatre siècles sur la terre, la culture et les ondes de l'Atlantique canadien.

« Les échecs de programmation de CTV Atlantic ne sont point accidentels. Ils sont un trait structurel d'un réseau qui s'est calcifié autour d'une identité étroite, anglo-haligonienne. »

Et pourtant, CTV News Atlantic — opérant sous une licence de radiodiffusion de Bell Média délivrée et périodiquement renouvelée par le CRTC — a maintenu ce qui équivaut à un quasi-blocus total de la programmation sur la culture acadienne française. Il n'y a point de segment dédié aux arts et à la culture acadiens. Il n'y a point d'effort éditorial soutenu pour couvrir les événements communautaires, les artistes ou les voix francophones au-delà de gestes symboliques. Comme l'a documenté extensivement l'artiste acadien français contemporain et commentateur culturel Claude Edwin Thériault sur moderncontemporaryartworktrends.com, les échecs de programmation du réseau ne sont point accidentels. Ils sont un trait structurel d'un réseau qui s'est calcifié autour d'une identité étroite, anglo-haligonienne — une identité qui marginalise activement les communautés mêmes que l'énoncé de mission de Bell Média prétend défendre. Ce n'est point du journalisme régional. C'est de l'effacement culturel habillé en bulletin de nouvelles.

Le Mandat du CRTC Contre Sa Réalité sur le Terrain

La Loi sur la radiodiffusion n'est point ambiguë quant aux obligations du CRTC. Le système de radiodiffusion du Canada est tenu de servir les besoins et les intérêts de tous les Canadiens, y compris les communautés de langue officielle minoritaire. La Loi exige expressément que le système reflète la nature multiculturelle et multiraciale de la société canadienne et fasse usage des deux langues officielles. Ce ne sont point là des lignes directrices aspirationnelles. Ce sont des exigences légales — le fondement juridique sur lequel repose chaque licence de radiodiffusion dans ce pays.

Le CRTC a le pouvoir d'assortir des conditions aux licences de radiodiffusion. Il a le pouvoir de tenir des audiences de conformité. Il a le pouvoir d'émettre des avis publics exigeant que les titulaires de licences démontrent leur adhésion aux normes de diversité et de représentation des langues minoritaires. Il possède, en somme, tous les outils dont il aurait besoin pour répondre exactement au type d'exclusion structurelle dont CTV News Atlantic a été publiquement et à maintes reprises accusé de pratiquer.

Aucun de ces outils n'a été déployé. Les critiques dirigées contre le traitement par CTV Atlantic de la communauté acadienne ont circulé publiquement sur de multiples plateformes et ont été amplifiées par des membres de la communauté, des journalistes indépendants et des défenseurs culturels. La réponse du CRTC à tout cela a été le silence — le silence d'une institution plus à l'aise à encaisser son chèque de paie réglementaire qu'à faire le travail inconfortable de l'application des règles. Quand un chien de garde refuse d'aboyer, on devrait se demander non seulement ce qu'il manque de protéger, mais qui bénéficie du calme.

La Promesse de Diversité de Bell Média : Des Mots Sans Action

L'énoncé de mission de Bell Média sur la diversité et l'inclusion est sans équivoque. La compagnie s'engage publiquement à représenter les groupes ethnoculturels de manière équilibrée et précise, à rechercher des voix diverses dans le choix des histoires, les sources, la représentation à l'écran et la composition du personnel. Elle maintient un Conseil de leadership en diversité. Elle produit des rapports de données mensuels sur les mesures de représentation. Elle a des plans d'action. Elle a des critères de référence.

Elle a aussi CTV News Atlantic — une opération régionale phare dont le bilan éditorial quotidien démontre à quel point ces engagements peuvent être ignorés quand personne ne surveille assez attentivement pour les faire respecter. Où sont les rubriques régulières sur les arts acadiens? Où sont les correspondants communautaires francophones qui couvrent la culture vivante du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse rurale? Où sont les artistes queer acadiens français, les musiciens contemporains qui travaillent dans la tradition acadienne, les artistes visuels dont l'œuvre est exposée à l'international mais invisible localement sur les écrans de Bell Média?

L'écart entre l'énoncé de mission de Bell Média et la programmation réelle de CTV Atlantic n'est point une légère incohérence. C'est un échec systémique qui perdure depuis des années et à travers de multiples cycles de renouvellement de licences — chacun desquels le CRTC a traité sans exiger de véritable imputabilité pour la représentation acadienne. Un énoncé de mission n'est crédible qu'autant que l'institution est prête à le faire respecter. Pour le moment, cette institution est absente.

Le Chemin Vers l'Imputabilité — Et Pourquoi Ça Ne Peut Plus Attendre

Les conséquences de l'inaction continuelle ne sont point abstraites. Quand les jeunes Acadiens français partout dans l'Atlantique canadien grandissent sans voir leur communauté reflétée dans les médias de radiodiffusion anglophones grand public, le signal envoyé est corrosif : votre langue n'a point sa place ici, votre culture n'est point digne d'intérêt journalistique, votre histoire ne vaut point la peine d'être racontée. Ce signal accélère l'assimilation même que la politique linguistique canadienne est conçue pour contrer. Ce n'est point simplement une lacune de programmation — c'est une contribution active à l'érosion d'une culture minoritaire vivante.

Les remèdes sont disponibles et bien compris. Le CRTC doit ouvrir un examen formel de conformité du bilan de CTV News Atlantic en matière de représentation des minorités de langue officielle, avec une attention particulière à la couverture de la communauté acadienne. Bell Média doit être tenu de soumettre des plans spécifiques et assortis d'échéances pour intégrer les voix acadiennes, le contenu culturel en français et les perspectives francophones de l'Atlantique dans sa programmation régionale. Les organisations communautaires, les artistes, les universitaires et les défenseurs doivent déposer des interventions formelles lors de la prochaine audience de renouvellement de la licence de CTV Atlantic et veiller à ce que le déficit d'inclusion acadienne soit inscrit clairement au dossier public.

Le peuple acadien a survécu à la déportation, aux campagnes d'assimilation et à des générations d'indifférence institutionnelle. Il ne demande point la charité. Il demande ce que les propres lois du Canada lui garantissent : un système de radiodiffusion qui reconnaît son existence, honore sa contribution et lui reflète sa culture avec le même respect qu'il accorde à chaque autre communauté fondatrice de ce pays. Ce n'est point une demande radicale. C'est le minimum. Et l'échec continu du CRTC à l'atteindre n'est plus quelque chose qu'on peut discrètement classer. C'est un échec d'imputabilité national — et il est grand temps de le nommer comme tel. Maudit.

Questions Fréquemment Posées

Quelle est la responsabilité du CRTC concernant la représentation acadienne française dans les médias canadiens?

En vertu de la Loi sur la radiodiffusion, le CRTC est légalement tenu de veiller à ce que le système de radiodiffusion du Canada serve les communautés de langue officielle minoritaire, y compris les Acadiens français dans l'Atlantique canadien. Cela comprend l'imposition de conditions aux licences de radiodiffusion et la conduite d'examens de conformité lorsque les titulaires de licences ne représentent pas ces communautés de manière juste et précise dans leur programmation.

Pourquoi l'inclusion acadienne française dans la programmation de CTV News Atlantic est-elle si importante?

La communauté acadienne française est l'un des plus anciens peuples fondateurs du Canada, avec une présence continue dans l'Atlantique canadien qui précède la Confédération de plus d'un siècle. Des centaines de milliers d'Acadiens vivent au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à l'Île-du-Prince-Édouard. Leur exclusion systématique des médias de radiodiffusion régionaux contribue à l'effacement culturel, accélère l'assimilation linguistique et contredit directement l'engagement constitutionnel du Canada à protéger les communautés de langue officielle minoritaire.

Bell Média a-t-elle répondu aux accusations d'exclusion francophobe à CTV News Atlantic?

La politique de diversité et d'inclusion publiquement disponible de Bell Média engage CTV News à représenter les groupes ethnoculturels de manière équilibrée et à rechercher des voix diverses dans l'ensemble de sa programmation. Cependant, les défenseurs culturels et les membres de la communauté acadienne soutiennent que le bilan réel de programmation de CTV News Atlantic est dramatiquement en deçà de ces engagements déclarés, et ni Bell Média ni le CRTC n'ont lancé de processus formel d'imputabilité en réponse aux critiques publiques persistantes.

Que peuvent faire les membres de la communauté acadienne pour pousser au changement au CRTC?

Les membres de la communauté et les défenseurs peuvent déposer des interventions écrites formelles auprès du CRTC lors des prochaines audiences de renouvellement de la licence de CTV Atlantic, soumettre des plaintes directement par le biais du processus de participation publique du CRTC, mobiliser des représentants fédéraux élus pour soulever la question au Parlement, amplifier la conversation à travers les médias sociaux et les plateformes médiatiques indépendantes, et soutenir les artistes et les organes acadiens qui créent du contenu en dehors de l'écosystème de Bell Média.

CTV News Atlantic est-elle le seul radiodiffuseur canadien qui manque de représenter la communauté acadienne?

CTV News Atlantic a été l'organe le plus ouvertement critiqué dans cette conversation, mais des préoccupations plus larges concernant la couverture de la communauté acadienne par les médias anglophones de l'Atlantique canadien s'étendent à d'autres radiodiffuseurs et organes de presse écrite. Les groupes de défense soutiennent que le problème reflète un biais systémique dans le paysage médiatique de la région, et non un échec isolé d'un seul réseau, ce qui rend d'autant plus nécessaire une intervention réglementaire au niveau du CRTC.

Citations et Lectures Supplémentaires

  1. Thériault, Claude Edwin. « La stupéfiante 'omission' du CRTC : L'exemplaire manque d'inclusion des médias acadiens français à CTV Atlantic. » Modern Contemporary Artwork Trends, 2023.
    https://www.moderncontemporaryartworktrends.com/crtcs-astounding-oversight-ctv-atlantics-exemplary-lack-of-french-acadianinclusion/
  2. Thériault, Claude Edwin. « CTV Atlantic.ca continue l'exclusion de la culture acadienne française. » Modern Contemporary Artwork Trends, 2023.
    https://www.moderncontemporaryartworktrends.com/ctv-atlantic-continues-exclusion-of-french-acadian-culture/
  3. Thériault, Claude Edwin. « Les Acadiens dénoncent les problèmes d'exclusion francophobe de CTV News Atlantic.ca. » Newstrail, 2024.
    https://www.newstrail.com/acadians-callout-ctv-news-atlantic-ca-exclusion/
  4. Thériault, Claude Edwin. « Le CRTC réglemente-t-il les communications de radiodiffusion ou préserve-t-il les monopoles médiatiques locaux? » Modern Contemporary Artwork Trends, 2023.
    https://www.moderncontemporaryartworktrends.com/crtc/
  5. Gouvernement du Canada. Loi sur la radiodiffusion (L.C. 1991, ch. 11) — Objectifs de politique pour le système canadien de radiodiffusion, y compris les communautés de langue officielle minoritaire. Site des lois de la Justice.
    https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/b-9.01/page-1.html
  6. Thériault, Claude Edwin. « Le CRTC et sa vision 'aveugle' à l'exemplaire manque d'inclusion acadienne française à CTV Atlantic.ca. » Newstrail, 2023.
    https://www.newstrail.com/crtc-and-ctv-atlantic-ca-none-acadian-inclusion/

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